L’effet tsunami au camp présidentiel : des départs en silence

L’effet tsunami au camp présidentiel en République démocratique du Congo demeure. Il s’observe encore des fissures, sinon des départs en silence qui sont pourtant perceptibles après les vagues de 2015 et 2016 marquées notamment par les défections du bloc G7, des démissions en solitaire de la MP comme celles de Cherubin Okende, ex-sociétaire de la Majorité présidentielle avec son parti, le FSIR (le Front Social des Indépendants Républicains), ou encore Jacques Ebweme Yonzaba avec sa Convention Nationale d’Action Politique –CNAP, l’ADECO de Jonas Munkamba... 

D’autres départs, cette fois-ci, en silence, alimentent pourtant une atmosphère d’incertitude qui fait parfois penser à une ambiance de fin de règne à Kinshasa. C’est le cas notamment de Maswa Edungu Papy Michel, secrétaire général et membre fondateur du Nouveau parti patriotique du peuple congolais (NPPPC). Actif et bouillant au départ, le Sg du NPPPC est du coup, de moins en moins visible, accréditant ainsi la thèse de ceux qui estiment qu’il n’est plus dans les rangs au sein du navire.

Un système de gouvernance gangrené par la corruption

Des raisons seraient à trouver dans la problématique même du fonctionnement de la coalition et autour des options prises par rapport aux enjeux politiques. Ceci pouvant expliquer cela, sa dernière apparition médiatique avant sa sortie du pays en septembre 2017 avait penché en ce sens. Etait-ce pour lui une opportunité de se défouler finalement ? Il a eu à porter d’un ton sévère des critiques sur l’action de deux membres du gouvernement, à savoir les ministres de la Justice et des Affaires foncières qui ont traîné le pas pour éclairer l’affaire de spoliation par des privés, des concessions de la société « Raken » de l’Emirat arabe unie, filiale de AJ Group of compagnies. Sans mâcher les mots, le Sg du NPPPC avait fustigé la corruption, qui en réalité gangrène le régime. Une corruption si profondément ancrée que personne ne semble avoir de réelle volonté d’y mettre fin. Ce discours a, en réalité, illustré son désaccord public à une gouvernance qui repose pourtant sur une vision dont son auteur est connu et lui-même Maswa Edungu un de ses collaborateurs.

Un navire qui prend l’eau de toute part !

Ainsi en déphasage avec son camp politique, Maswa Edungu n’a pas caché son désaccord sur les violences dans le Kasaï où il est originaire. Contrairement à la bataille d’arguments qui opposait la RDC aux instances internationales et d’autres pays sur ces événements, cet acteur a dénoncé les violations des droits de l’homme notamment avec la découverte des fausses communes. Et c’est pour mesurer l’ampleur des dégâts sur le terrain qu’il a effectué des déplacements dans cette partie de la République en novembre 2016, février et mars 2017 précisément dans les zones touchées par les massacres et autres atrocités.
Est-ce pour éviter la foudre des caciques du régime qu’il a résolu son effacement, à défaut de prendre courageusement la décision de tourner sa casaque ? La question demeure. Mais comme lui, d’autres départs en silence traduisent le réalisme face à un suicide : ne pas vouloir se sauver d’un navire qui prend l’eau de toute part…

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