Suspension de la Linafoot : le comité Bosco Mwehu se joue de la justice

Dans aucun pays du monde, un championnat national de football ne peut être suspendu pour raison de la «solidarité» à un groupe d’individus entendus par la justice pour des faits graves de détournement des deniers publics.

Et pourtant, cela est arrivé en République démocratique du Congo. 

Le comité de la Ligue nationale de football (LINAFOOT) a,  par un communiqué publié ce mercredi 18 avril, suspendu sans coup férir, le championnat qu’il organise, au nom de la « solidarité » au président de la Fédération congolaise de football association, Constant Omari, ainsi que ses deux complices supposés.

 Alors que la Linafoot avait atteint sa vitesse de croisière avec des affiches alléchantes, c’est par un saut d’humeur que le président de la Linafoot, Bosco Mwehu Beya  qui se croit tout permis, vient de mettre un terme à ce beau spectacle.

D’aucuns se demandent si quelle mouche l’a piqué pour prendre une telle décision jugée immature et  lourde des conséquences tant sur plan de timing que de préparation des matches. 

Evoquant sa «  solidarité », de façade d’ailleurs, envers le président de la Fécofa et les deux autres responsables de cet organe faitier du football congolais, Mwehu a, sans le savoir,  enfreint à un principe de droit favorisant la coopération avec la justice.

Or, à la lumière de son communiqué, Mwehu veut faire pression à la justice afin d’obtenir la relaxation de ces présumés détourneurs des fonds publics.

Grave encore, il sort son communiqué pendant que ladite affaire est dans sa phase d’instruction.

Autrement dit, Mwehu Beya fait obstruction à la justice, l’empêchant ainsi de poursuivre normalement son instruction.

Par cet acte, beaucoup affirment que Mwehu et sa bande se jouent de la justice et se permettent d’entrer en bras de fer avec la justice congolaise.

Va-t-il sortir gagnant de combat ? La question reste posée.

Pendant ce temps, l’opinion congolaise en appelle à l’arrestation immédiate de ce comité de la Linafoot pour pression et obstruction à la justice.

Mwehu ou avocat du diable ?   

Assurément cette affaire pour laquelle ces dirigeants de la Facofa sont arrêtés, n’est que le début d’une enquête qui va déboucher à l’arrestation de beaucoup d’autres dirigeants des instances sportives du pays.

C’est sur ce point précis que beaucoup n’hésitent pas à faire des rapprochements entre la décision de Bosco Mwehu et l’hypothèse d’élargissement de l’enquête.

Si entre la FECOFA et la Linafoot, il n’y a qu’un seul pas.

Rien d’étonnant que Mwehu soit également de près ou de loin impliqué dans les sales affaires de détournement des fonds publics.

Dans l’opinion congolaise, l’on commente la décision de Mwehu comme une manœuvre tendant à occulter les vrais problèmes qui minent le football congolais.

Depuis plusieurs années, les dirigeants du football congolais gèrent ce sport roi comme si elles géraient leurs propres héritages, Dieu seul sait d’ailleurs s’ils en ont un.

Est-ce de l’avocat du diable que joue également le président de la Linafoot ?

De surcroit, qui sait, on n’est jamais à l’abri d’un possible retournement de situation dont seuls les services de l’Etat en ont le dernier mot, comme pourrait l’être l’audition de Bosco Mwehu Beya.

L’opinion voudrait voir cette affaire arrivée jusqu’à son terme en établissant les responsabilités de tout celui qui aurait touché aux deniers publics.

L’idée est que pareil comportement soit définitivement banni dans le chef de ceux qui ont la responsabilité de gérer le sport en RDC.

C’est seulement dans ces conditions que la RDC, qui régnait autrefois en maître sur le continent, peut récupérer la place qui était la sienne.

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