Après Tshibala, le député MP Henri Thomas Lokondo a dans son viseur le président de la CENI, Corneille Naanga.

Qui doit notamment s'expliquer sur ses engagements financiers et le coût global et définitif des élections.
Hélas, rien n'est encore acquis.

Et pourtant, la gestion financière de la Commission électorale nationale indépendante telle qu'établie à fin octobre 2017 par le ministère du Budget suscite interrogations et inquiétudes.

Que des dépassements gargantuesques ! En un mot, le gros des dépenses de la CENI porte sur des à-côtés plutôt que l'essentiel: les élections.

Alors que les prévisions annuelles retenues sont de 15 milliards de FC, les dépenses de fonctionnement courant de la CENI, sont à 144.3%, à fin octobre 2017.

La centrale électorale a, en effet, absorbé plus de 21 milliards de FC (21.653.895.000FC).

La CENI passe, pratiquement comme une machine à sous avec sa rubrique « Interventions économiques, sociales, culturelles et scientifiques».

Budget voté : 311.364.235 FC. Exécution à fin octobre, 3.720.000.000 FC. Taux de décaissement, 1194.7% ! Côté salaire, c'est la sinécure ! Le budget voté est de près de 26 milliards de FC (25.978.746.809FC).

Par ailleurs, l'Etat a prévu un complément des rémunérations de la CENI pour les six derniers mois de 2017, pour plus de 13 milliards de FC.

La CENI dispose d'un personnel pléthorique qui ne se justifie guère, plus de 2.600 agents!

Dans l'entre-temps, le financement du cycle électoral a pratiquement été gelé. Voté à 1.110.899.527.729 FC dans le budget 2017, mais à fin octobre, le gouvernement Tshibala n'a versé que 42.751.714.000 FC à la CENI, soit un taux de décaissement de 3.8%.

Le processus électoral a été mieux financé, à des moments difficiles, où le fisc ne perçoit pas grand-chose, cest-à-dire au premier trimestre 2017, avec plus de 55.8 milliards de FC, soit 60 millions de dollars, des dépenses exceptionnelles effectuées avec des crédits provisoires par le Premier ministre, Samy Badibanga.

Et à fin mai, quand il quittait la primature, la CENI avait également reçu 152 milliards de FC. Comme Henri-Thomas Lokondo, l'ancien chef de file du groupe parlementaire UDPS & Alliés et leader de «Les Progressistes », soutient qu'«on ne peut pas laisser l'intégralité de l'organisation des élections, colonne vertébrale de la démocratie à des technocrates sans qu'ils répondent de leurs responsabilités devant le parlement».

Elections 2018, un lapin !

Pour 2018, la CENI a sollicité plus de mille milliards 350 millions de FC (exactement 1.350.891.781.925 FC) mais le budget 2018 n'a prévu que 966.546.601.946FC dont 840.000.000.000 FC pour les opérations électorales alors que la CENI exige de l’Etat 1.062.133.679.246 FC. , l'Etat n'a réservé que. Habitué à percevoir de fortes sommes d'argent sans difficultés, Corneille Naanga a sollicité près de 34 milliards de FC (33.907.447.746FC) pour le fonctionnement courant de sa centrale électorale, 18 milliards de FC (18.000.000.000 FC) lui ont, tout de même été accordés.

Quant à la fameuse rubrique inhérente à l'appui à la Commission électorale nationale indépendante, le gouvernement s'est contenté de reconduire le montant des crédits de 2017, soit quelque 311 millions de FC (311.364.235 FC) contre une demande de la CENI de plus de 24 milliards et demi de FC (24.527.529.729 FC).

La CENI veut aussi des véhicules au-delà de ce qu'elle dispose déjà, et surtout réhabiliter ses locaux.

Pour ce faire, elle a sollicité du gouvernement plus de 100 milliards de FC (107.491.707.911 FC).

Alors qu'elle n'a  pas été autorisée du moins officiellement-à engager de nouvelles unités, la CENI a cependant passé au double son budget de rémunérations par rapport à 2017, plus de 47 milliards de FC (47.251.417.293 FC) mais le gouvernement lui réserve l'enveloppe 2017, soit 24.204.629.160FC.

La Nouvelle société civile du Congo décèle et redoute dans les jérémiades pécuniaires actuelles de Corneille Naanga, une manière d'anticiper le renvoi des élections générales au-delà de 2018.

POLD LEVI

 

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