Contentieux électoraux Cour constitutionnelle, Samy Badibanga à un pied de l'Assemblée nationale

L'ancien Premier ministre, Samy Badibanga Ntita, devrait regagner l'Assemblée nationale. Son regroupement politique, Les Progressistes, pourrait, en effet, être réhabilité dans ses droits par la Cour constitutionnelle, à la suite d'une erreur matérielle de la CENI.

La Cour constitutionnelle se retrouve en ligne de mire des ONG de la mouvance de la société civile congolaise au fur et à mesure que s'égrène le temps lui imparti pour épuiser les contentieux électoraux. Acaj, Association congolaise pour l'accès à la justice, redoute de ténébreuses transactions financières entre la CENI et la haute Cour.

AETA, Agir pour les élections transparentes et apaisées, exhorte plutôt la Cour à réparer les contradictions créées par la CENI.

La plateforme des ONG de la société civile spécialisées dans les questions électorales relève, en effet, que «des erreurs matérielles graves auraient été intentionnellement ou non commises dans les calculs des seuils de représentativité des élections législatives nationales et provinciales avec conséquence imminente de remettre en cause la quasi-totalité des résultats provisoires desdites élections proclamées par la Commission électorale nationalité indépendante».  
AETA soutient également que la CENI s'est lamentablement emmêlée les pinceaux: la divergence des listes des partis et regroupements politiques ainsi que des candidats indépendants ayant atteint le seuil de représentativité, lesquelles listes sont parfois caractérisées par des contradictions profondes sur le nombre total des voix obtenues, alors que celles-ci sont toutes approuvées par la CENI.

Afin d'illustrer ces griefs, AETA cite, notamment le cas du regroupement politique Les Progressistes qui, sur la première liste publiée par la CENI, dispose de 182.021 voix.

Un suffrage suffisant pour satisfaire au critérium de la CENI sur le seuil le seuil électoral fixé à 181.161 voix pour un effectif des votants qui s'élève à 18.161.182.

Le regroupement Les Progressistes avait, par conséquent, pleinement le droit de participer à la répartition des sièges.

Curieusement, la centrale électorale se rebiffe confusément sur une deuxième liste des résultats des législatives qu'elle publie: les suffrages obtenus par les Progressistes sont largement revus à la baisse, sans raison, de 182.021 à 59.021 voix soit 122.000 voix de moins.

«Notre regroupement politique était déjà au courant de ces informations, raison pour laquelle, il a introduit une requête en contestation auprès de la Cour constitutionnelle », a confié à la presse le conseil de Les Progressistes.

«Sans chercher à porter des accusations contre qui que ce soit, les Progressistes estiment qu’il s'agit d'une simple erreur matérielle que la Haute cour peut rectifier afin de leur rendre justice», a-t-il poursuivi.

A la Cour constitutionnelle d'agir en toute objectivité, son honorabilité est en jeu.


Pold LEVI Maweja K.