24 avril 1990-24 avril 2019 : 29 ans du multipartisme

24 Avril 1990 – 24 Avril 2019, 29 ans jour pour jour depuis le discours historique qui a marqué un tournant dans l’histoire de la République Démocratique du Congo, alors Zaïre.

Larmes aux yeux, le Marechal Mobutu annonçait la libéralisation de l’espace politique du pays avec l’instauration du multipartisme.

Un discours qui annonçait la mort du parti-Etat auquel il avait des années durant exprimé un attachement quasi indéfectible.

Devant ministres, hauts cadres de l’armée et de la justice, mais également des membres du parlement, Joseph Désiré Mobutu, conscient qu’après la chute du mur de Berlin qui a sanctionné le dégel de la guerre froide et a conduit à une vague déferlante des démocraties populaires, conséquence logique de la mort de celui avec qui est devenu ami, Nicolae CEAUSESCU, alors président de la Roumanie, ouvre la voie à la démocratisation du pays.

« Comprenez mon émotion… », une phrase inscrite dans les annales de l’histoire du pays.

Avec des yeux larmoyant, le guide suprême, président fondateur, évoquait son sort qui, d’une certaine manière, semblait déjà scellé tant les pressions du monde occidental se sont accentués sur lui.

Les citoyens zaïrois se sont précipités, saisissant l’occasion pour revisiter leurs placards et sortir les cravates enfouis depuis plusieurs années.

Les grognes sociales se sont multipliées, marquant une ère nouvelle dans le combat des libertés des citoyens.

La Conférence Nationale Souveraine va être convoquée pour tenter de réconcilier les classes sociales et politiques alors divisées.

Des assises qui vont vite se transformer un procès contre les années de dictature de MOBUTU.

Le Marechal va se renfermer sur lui-même et va s’en suivre 7 années des tensions politiques aux conséquences dévastatrices pour l’économie du pays.

Lorsqu’il est renversé du pouvoir le 17 mai 1997 par l’AFDL, la démocratie occupe une place dans le nom du pays, mais les partis politiques sont suspendus à travers toute la république.

Une situation perçue comme une régression aux yeux de l’opinion tant nationale qu’internationale.

Il fallait attendre 2006 avec les premières élections démocratiques du pays pour voir la relance proprement dite de l’élan démocratique en République Démocratique du Congo, ex-Zaïre.

Avec son 3ème cycle électoral qui a été sanctionné par la première passation de pouvoir entre un président sortant et un autre entrant, la RDC a sans doute marqué un pas de géant dans la consolidation de la mouvance démocratique, même si, il convient de le dire, la route reste encore longue.