Quand Kangudia verse 3.9 milliards à Socimex pour des surgelés, des éleveurs-bouchers  du Nord-Kivu font le pied jusqu’à Kinshasa

Lors de son dernier speech sur l’Etat de la nation, le 5 avril 2017, le Chef de l’Etat avait promis, devant  le Congrès, le soutien du gouvernement à l’entreprenariat local, aux PME et promouvoir l’emploi-jeune. 

Partis, voilà quatre mois, du territoire de Masisi au Nord-Kivu, pour Kinshasa, de petits agro-entrepreneurs r-dcongolais ont été aperçus sur la nationale n°1 au niveau de la cité de Masi-Manimba venant à pied, avec leur cheptel.

Ils comptent vendre d’ici aux festivités de nouvel an, leur bétail, de la bonne viande, dans la capitale. Nul doute, que ces éleveurs n’ont jamais bénéficié d’une subvention ou de quelle que assistance que soit de la part du gouvernement local (Julien Paluku) ou central (Bruno Tshibala).

Le ministre du Développement rural, Justin Bitakwira qui est pourtant du coin n’a aucune action d’envergure dans ce secteur à mettre à son actif.

Par ailleurs, pour un secteur considéré comme prioritaire suivant la Programmation Budgétaire des Actions du Gouvernement (PBAG) 2018-2020, le taux d’exécution des dépenses liées à l’Agriculture en 2017 a été très faible, soit 4% et 0% pour le secteur de l’élevage et pêche à fin octobre 2017.  

Pourtant, le gouvernement qui entend faire de la RDC un pays à revenu intermédiaire grâce à la transformation de l’agriculture à l’horizon 2021, n’a prévu qu’un budget représentant 2,6% dans ce secteur.

Pendant ce temps, le ministre du Budget, Pierre Kangudia a offert un marché d’importation des poulets et du riz au libanais Socimex pour 3.9 milliards de FC (nettement 3.916.613.250FC) soit 2.4 millions de dollars au taux de 1600 FC/$. Reste à savoir si le puissant patron de Socimex, Ahmed Houssaoui n’exigerait pas d’être payé au taux de 930 FC appliqué par le gouvernement, donc 4.2 millions de dollars.

 Et pourtant, un appui ou une subvention de l’Etat aux initiatives économiques locales découragerait les jeunes à rejoindre les groupes armés qui sèment la désolation dans l’Est du pays. Quel bilan faire de Starec, Mecanisme national de suivi et autres structures créées pour le développement des régions de l’est du pays en proie à l’instabilité?

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