Finances, le torchon brûle entre la BCC et la Primature!

Le gouvernement expose la Banque centrale du Congo (BCC) à l’asphyxie.

L’expression est du député MP Jean-Luc Mutokambali et ci-devant président de la commission Ecofin et contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale.

En clair, Deogracias Mutombo en a marre de girouette du gouvernement, et exprime son ras-le-bol, par des canaux officiels dont les Chambres en leur qualité d’autorité budgétaire…Une manière pour le Gouv’ de la BCC de prévenir toute escalade, toute estocade.  

Déjà sur le marché, l’on constate le retour de trop plein des billets de 10 et 20.000 FC pimpants neufs, et dans une moindre proportion, des billets de 1.000 FC.

La planche à billet a-t-elle tourné? Et si c’est l’unique voie de survie de la Banque centrale? 

«Le non-paiement de la totalité des crédits votés en faveur de la BCC au titre d’intérêts sur créance titrisée entrave gravement la réalisation aisée des missions lui assignées par le législateur au risque de discréditer cette dernière vis-à-vis de ses partenaires, fournisseurs, à tous les niveaux», révèle le député Mutokambali dont la commission, s’est, dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances pour l’exercice 2018, appesantie, sur les dépenses de frais financiers sur la créance titrisée de la BCC.

Mutokambali et son équipe déplorent que la BCC a tant «accumulé des créances sur le gouvernement au point de connaître des difficultés dans la poursuite de ses missions essentielles. (…) Le gouvernement fixe unilatéralement le taux d’intérêts et les sommes inscrites au budget en faveur de la BCC ».

Pour rappel, Michel Somwe, Dircab du Premier ministre Bruno Tshibala, est un ancien de la BCC qu’il a quitté dans des conditions troubles.

Depuis, il se montre sévèrement critique, dans ses interventions notamment à Radio Okapi, sur la BCC.

Et, le gouvernement, note la commission Ecofin de la Chambre basse, ne respecte toujours pas les clauses de la convention sur la recapitalisation de la Banque centrale du Congo (BCC), dûment signée en février 2011.

Tenez : De 2011 à 2017, les crédits sollicités par la BCC se chiffrent à 562,35 milliards de FC alors que 500,35 milliards de FC ont été inscrits dans les lois de finances des exercices successifs.

Cependant 359,903 milliards de FC seulement ont été payés, entraînant ainsi un manque à gagner de 140,447 milliards de FC.      

Pour l’exercice2018, le cabinet Tshibala a derechef, collé, unilatéralement un forfait de 90,90 milliards de FC à la BCC au titre de frais financiers sur la créance titrisée dont 80,90 milliards de FC d’intérêts sur les certificats et 10 milliards de FC de commission bancaire.

Commentaire de ce cadre de la BCC : «du temps de Masangu, la BCC ne pouvait jamais souffrir de tels affronts à répétition, sans réagir énergiquement…».

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